Miramas doit-il devenir un quartier du grand Marseille ?

Notre pays va encore traverser une zone de fortes turbulences. Mais avant tout un peu d'histoire. L'État veut simplifier l'organisation des territoires et achever la  décentralisation au profit des grandes villes.

Le terme de «commune», au sens de l'administration territoriale a été  imposé par le décret de la Convention nationale du 31 Octobre 1793: « La Convention nationale, sur la proposition d'un membre, décrète que toutes les dénominations de ville, bourg ou village sont supprimées et que celle de commune leur est substituée ».

Aujourd'hui, les communes françaises sont restées très proches de ce qu'elles étaient lors de leur création à la Révolution française.

 

Le Gouvernement, la droite craignent les pouvoirs locaux dans lesquels ils voient des pôles de résistance et ils sont très intéressés par les ressources financières importantes que ces dernières génèrent. N'oublions pas le rôle dynamisant de chacune des collectivités territoriales: 180 milliards d'euros de dépenses annuelles, 73% de l'investissement public.

Sous prétexte de réfléchir à la modernisation de nos institutions, le gouvernement veut purement et simplement supprimer les communes.

Dans les dessins de N.Sarkosy, le développement des métropoles est handicapé par une organisation qui ne permet pas l'émergence d'agglomérations puissantes, intégrées et organisées de manière lisible et efficace.

Pour y remédier, il propose ni plus ni moins d'en finir, pour une part, avec l'émiettement de la France en 36 000 communes, partant de l'argument que si l'existence d'autant de communes est une bonne chose pour la démocratie c'est par contre peu efficace au plan du développement.

 

Si nous restons spectateurs de ce qui est en train de se préparer, si demain Miramas, Istres, Port St Louis ou Fos intègrent le Grand Marseille, cette communauté urbaine devenant une collectivité territoriale de plein exercice, ses composantes que sont les communes deviendront en quelque sorte des quartiers ou des arrondissements de la nouvelle entité territoriale.

A l'aube du XXI éme siècle nous ferions un bon en arrière considérable.

Le tout dessine une France où la proximité, l'efficacité sociale, mais aussi la démocratie risquent d'y perdre.

Ce sont les collectivités territoriales, espaces de démocratie et de proximité pour les citoyens que le gouvernement s'apprête à démanteler, à saigner à blanc, démocratie et finances.

Il faudra que les habitants de nos villes s'expriment clairement, avec force face à ce projet qui va donner à Miramas un statut de gros quartier.

Qu'il s'agisse du rattachement, de l'annexion ou plus largement qu'il s'agisse de démantèlement, les communes ont démontré et prouvé toute leur pertinence, notamment en matière de développement économique, d'aménagement, de transports et de développement durable, de culture, de vie associative avec des  services publics de qualité etc.

Vouloir supprimer les communes, c'est nier l'utilité de chacune, nier leurs capacités à répondre aux besoins des habitants.

Il faut au contraire que le pouvoir des citoyens soit renforcé afin qu'ils puissent être force de proposition et d'action.

 

Les objectifs de cette réforme sont clairs:

-         1° détruire ce qui fait la richesse de notre pays les 36 000 communes afin de livrer les services publics locaux les plus rentables au secteur privé, et ce avec la mise en concurrence des territoires.

Exemple : la politique de l'eau, sur la CAPM ce service est public, il donne toute satisfaction à aux populations  et son prix défi toute concurrence. Dans le cas d'une intégration dans le grand Marseille, le prix du M3 serai multiplié par 3, idem pour le ramassage des ordures ménagères.

-         2° démanteler les instances démocratiques que sont les différentes collectivités territoriales en éloignant les citoyens des endroits décisionnels

Exemple: Les décisions en matière d'environnement, d'urbanisme se prendrons à Marseille (le poids de nos élus ne pèsera pas lourd dans la balance).

-   3° se donner les moyens de gouverner, de décider contre l'avis des citoyens. A ce jour la ville de Marseille est très endettée, pour se refaire une santé attention à l'augmentation de nos impôts locaux !!

Ajoutons à cela la suppression de la part de la taxe professionnelle pesant sur les investissements. Elle serait remplacée par des dotations d'État qui, loin de permettre une autonomie financière des collectivités locales, les placeraient en situation de dépendance.

 

 

Cette réforme en l'état actuel des choses est inacceptable et il est important que chacun d'entre nous agisse avec les collectivités pour la rejeter.

Le débat doit s'engager dans toutes les collectivités locales ainsi que, le moment venu, à l'Assemblée et au Sénat.

Il faut rester attentifs, vigilants en travaillant en permanence, la démocratie et la transparence afin que chaque citoyen  puisse en toute connaissance prendre la décision la meilleure.

Pour cela nous avons à notre disposition la possibilité d'obtenir un référendum d'initiative locale et faire en sorte que chacun soit en capacité de donner son point de vue.

D.P



Article ajouté le 2009-10-08 , consulté 46 fois

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