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NON A LA FERMETURE DU CENTRE DE SANTÉ !

Non à la fermeture du centre de santé

 

Je viens d'apprendre, par hasard, que le centre de santé municipal de Miramas va disparaître : sa fermeture définitive serait prévue dans les prochaines semaines.


Mais, comme d'habitude, à Miramas, les mauvaises nouvelles font l'objet de la plus grande discrétion. Pas un mot, ni dans la presse, ni aux différentes réunions du conseil municipal. Motus et bouche cousue !...

C'est donc dans l'ignorance générale et dans l'indifférence de celles et ceux qui auraient dû être au premier rang pour le défendre et le préserver que ce mauvais coup va se produire.

Cette fermeture survient au moment où l'offre de soins diminue partout et notamment dans notre commune. Il n'y a pas un seul habitant de notre ville qui ne soit pas victime de la désertification médicale et des mesures gouvernementales contre la sécurité sociale. Une situation qui ne manquera pas de s'aggraver dans les années qui viennent au fur et à mesure de l'augmentation de la population, de son vieillissement et du grand nombre de médecins qui s'apprêtent à partir à la retraite.

Cette fermeture du centre de santé est donc un mauvais coup porté à la population de Miramas. Autant sa naissance avait été saluée comme une conquête progressiste très attendue, autant sa disparition sera ressentie comme un retour en arrière, vécue comme un recul de société, une preuve supplémentaire de la violence sociale actuelle.

 

La naissance de ce centre de santé au milieu des années 80 a été le fruit d'une lutte opiniâtre de la majorité de la population de notre ville. Non seulement ce projet figurait au programme de notre municipalité mais une pétition à l'initiative des mutualistes avait recueilli plus de 6 000 signatures et avait conforté ce besoin de proposer à proximité toutes les spécialités médicales, un système de tiers payant et des actions de prévention. Un centre ouvert à tous qui accueillait entre 150 et 200 personnes par jour et qui ne bénéficiait d'aucune subvention municipale pour son fonctionnement.

 

Malgré cette adhésion populaire, la droite locale, notamment, mena une lutte opiniâtre contre cette réalisation. Le centre dut faire face à la méfiance des médecins libéraux de l'époque et surtout l'opposition de la droite locale et régionale et l'opposition du gouvernement. Au point de bloquer le projet. Prêt à accueillir le public dès 1987, le centre restera portes closes pendant de longs mois. Il faudra la mobilisation des miramasséens avec un train frêté jusqu'à Marseille par 500 d'entre eux à l'occasion d'une manifestation sur la Canebière restée dans les mémoires, pour qu'il ouvre enfin le 11 décembre 1988.

 

Ce rappel est nécessaire car le temps passe, les acteurs de cette lutte victorieuse disparaissent, la mémoire s'estompe et surtout, toutes les municipalités qui se sont succédé ont eu tendance à effacer l'histoire et minimiser les succès de leurs prédécesseurs. Mais, dans la mémoire collective, le centre de santé restera le résultat d'une lutte victorieuse de la population et la propriété des miramasséens qui l'ont payé avec leurs impôts et construit avec les entreprises locales Ayala et Chelly.

Incontestablement, le centre de santé est un fleuron sur le bilan d'une municipalité de gauche et il symbolise toutes les valeurs issues du Conseil National de la Résistance qui ont toujours inspiré la population de Miramas et notamment la corporation cheminote. Il est l'illustration d'une volonté politique.

 

Malheureusement, au cours des dernières décennies, il a subi de plein fouet les multiples attaques contre la sécurité sociale et aucune aide, d'aucune sorte, n'a été accordée à cet équipement qui a joué un rôle de service public de premier plan.

 

En 2025, à l'approche des élections municipales, nul doute qu'il va être de bon ton de célébrer partout le 80ème anniversaire du Conseil National de la Résistance et de la création de la sécurité sociale par le ministre communiste A.Croizat sous le gouvernement du Général De Gaulle. Ce sera à celui qui est le meilleur défenseur des acquis sociaux. La démagogie va couler à flots.

 

Chez nous, 2025 risque d'être l'année d'un retour en arrière. La fermeture du centre de santé serait la victoire posthume du vice-président du MEDEF, Denis Kessler, qui déclarait il y a quelques années : « le modèle social français est le résultat de la Libération. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ». En 2025, chez nous, le fleuron de gauche risque de « se défaire méthodiquement » et risque de devenir une cicatrice de droite indélébile. Et c'est la population de Miramas tout entière qui en subira longtemps les conséquences.

Comment expliquer, qu'en 2025, on ne soit pas en mesure de sauvegarder un équipement si utile ? Sinon par la volonté de la finance et de ses relais politiques de préserver leurs profits en démantelant tous les services publics et en sacrifiant les besoins fondamentaux de la population. Et cette politique d'austérité nourrit la défiance envers la politique, entretient l'idée qu'aucune alternative de progès n'est possible et permet aux idées du RN de se propager.

 

Alors, faut-il baisser les bras ? La disparition du centre de santé est-elle irrémédiable ? NON ! Plus que jamais, j'ai la conviction que la marchandisation de la santé et le recul des droits sociaux ne sont pas une fatalité. Je suis persuadé que la population de notre ville est toujours capable de se mobiliser pour défendre la santé comme elle le fit à l'époque.

 

J'appelle tous les acteurs du mouvement social, les partis politiques, les syndicats, les associations, les mutualistes, les usagers du service public à se rencontrer et à mettre sur pied, démocratiquement, les propositions pour sauvegarder le centre et pour organiser, dans l'union, les luttes et les actions qui seront indispensables.

 

Rien n'est fatal ! Pas de résignation ! Ayons confiance ! Unis et mobilisés nous pouvons l'emporter car notre cause est juste et populaire.

 

Georges Thorrand
Maire honoraire de Miramas.



18/01/2025
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